Avantages salariés et NAO : le rôle des titres-restaurant dans les négociations annuelles.

Andreia De Sousa Fernandes
Andreia De Sousa Fernandes
Cheffe de projet marketing digital
17 min
7 mai 2026
Note de l'article
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Sur fond jaune, une main tient une loupe sur des blocs en bois, sur lesquels il y a des silhouettes de bustes dessinés.
L’essentiel à retenir
  • Les NAO ne se limitent pas aux salaires : elles ouvrent une discussion sur la rémunération au sens large et les conditions de travail, ce qui explique la place naturelle des avantages salariés.
  • Les thèmes abordés couvrent notamment rémunération, temps de travail, égalité professionnelle et QVCT, avec une organisation/périodicité qui peut varier selon les accords : l’essentiel est de retenir l’objectif “rémunération globale + conditions d’exercice”.
  • Les titres-restaurant sont un sujet récurrent en NAO car ils concernent plus de 5 millions de salarié(e)s en France et ont un impact très concret sur le quotidien (repas des jours travaillés).
  • Au-delà du montant, la négociation peut porter sur l’adéquation du dispositif aux usages actuels, notamment via un changement de fournisseur : simplicité de pilotage, support, transparence des coûts, mais aussi réseau/acceptation et facilité d’usage côté salariés.
  • Les titres-restaurant peuvent aussi être un levier intéressant en coût global : la participation employeur peut être exonérée de cotisations sous conditions, avec un plafond d’exonération fixé à 7,32 € par titre (depuis le 1er janvier 2026) et une contribution employeur entre 50 % et 60 % de la valeur.
  • Des nouvelles solutions proposent la suppression du prélèvement sur salaire lié aux titres-restaurant pour un avantage salarié encore plus apprécié des collaborateurs.

Les négociations annuelles obligatoires (NAO) sont souvent perçues comme “la négociation des salaires”. En réalité, c’est un temps plus large de dialogue social : on y parle de rémunération au sens large, d’égalité professionnelle, de qualité de vie et des conditions de travail. Dans ce cadre, les avantages salariés ont une place naturelle : ils participent à l’équilibre économique du “package” proposé, au quotidien des équipes, et à la cohérence des engagements de l’entreprise.

Comprendre le cadre : pourquoi les avantages salariés apparaissent en NAO

Ce que recouvrent les NAO, en pratique

Le Code du travail prévoit des négociations obligatoires dans certaines entreprises, notamment lorsqu’il existe une ou plusieurs organisations syndicales représentatives. Les thèmes comprennent notamment :

  • la rémunération
  • le temps de travail
  • l’égalité professionnelle
  • la qualité de vie et des conditions de travail (QVT)

Même si on parle souvent de “NAO” au singulier et de négociation “annuelle”, le cadre peut être organisé différemment selon les accords : certains thèmes sont discutés ensemble, d’autres séparément, et la périodicité peut être adaptée. L’essentiel, côté opérationnel, est de retenir une idée simple : les NAO servent à négocier la rémunération au sens large (pas uniquement le salaire de base) et les conditions d’exercice du travail — donc, très naturellement, les avantages salariés.

 

Pourquoi les avantages salariés s’y invitent naturellement

Les avantages salariés sont à la croisée de plusieurs sujets des NAO :

  • Rémunération globale : un avantage (financé en totalité ou en partie par l’employeur) fait partie intégrante de la rémunération d’un(e) salarié(e), en complément du salaire.
  • Organisation du travail : télétravail, mobilité, restauration… touchent au quotidien et à l’efficacité.
  • QVCT : les dispositifs, conditions de travail simples, compréhensibles et justes réduit peuvent réduire la charge mentale et les irritants.
  • Équité : les règles d’éligibilité et d’attribution peuvent créer (ou corriger) des écarts selon les statuts, sites, métiers.

 

Cartographier les avantages salariés : de quoi parle-t-on exactement ?

Les grandes familles d’avantages salariés

Selon les entreprises, le périmètre des avantages salariés peut être large. Quelques blocs reviennent souvent en NAO :

  • Restauration : titres-restaurant, cantine, primes repas (selon contexte), accès à des solutions de restauration.
  • Santé et prévoyance : mutuelle, prévoyance, garanties, participation employeur, couverture des ayants droit.
  • Temps et flexibilité : télétravail, aménagement du temps, jours de congés, RTT, dispositifs pour proches aidants.
  • Mobilité : prise en charge transports, forfait mobilités durables, stationnement vélo, indemnités kilométriques vélo.
  • Épargne et partage de la valeur : intéressement, participation, abondement, PEE/PER, primes (dans le cadre applicable).
  • Développement et conditions de travail : formation, équipements, budget ergonomie, accompagnement managérial.

 

Un point clé : la lisibilité et l’applicabilité

En NAO, la discussion ne porte pas seulement sur ce que l’on met en place, mais sur la manière de l’appliquer ;

  • Qui est éligible (CDI, alternants, temps partiel, itinérants, multi-sites) ?
  • À partir de quand ? Avec quelle rétroactivité ?
  • Quelles règles en cas d’absence, de congé maternité/paternité, d’arrêt maladie ?
  • Comment l’avantage est attribué et contrôlé ?
  • Quel coût complet (y compris gestion, fournisseur, temps RH, support) ?

Ce sont souvent ces détails qui font la différence entre un avantage “sur le papier” et un avantage réellement utilisé.

 

Méthode : comment intégrer les avantages salariés dans la NAO sans se disperser

Préparer un diagnostic “rémunération globale”

Avant d’entrer en négociation, il convient de poser un état des lieux :

  • Panier des avantages salariés existants (coût, règles, populations couvertes) ;
  • Irritants de gestion (temps RH, tâches manuelles, litiges) ;
  • Retours salariés (sondage court, verbatims, CSE, support) ;
  • Cohérence avec la politique RH (attractivité, fidélisation, équité, QVCT).

L’idée n’est pas de tout renégocier, mais d’identifier 2 ou 3 chantiers qui améliorent réellement le quotidien pour l’ensemble des collaborateurs mais aussi pour les équipes RH qui gèrent les avantages salarié au quotidien.

 

Construire des scénarios chiffrés et comparables

Pour éviter un débat “au ressenti”, formalisez 2–3 scénarios :

Scénario A — Optimiser l’existant (sans changer le dispositif) : clarifier les règles d’éligibilité et d’attribution, harmoniser les pratiques (sites/statuts), simplifier les process RH, améliorer la communication interne (FAQ + cas types), et corriger les irritants les plus fréquents.

Exemple titres-restaurant : règles télétravail/temps partiel/absences clarifiées + support et FAQ renforcés.

Scénario B — Reconfigurer pour gagner en usage (simplicité, équité, expérience) : ajuster l’avantage pour qu’il soit réellement utilisé et perçu comme juste, en travaillant sur le “comment” (parcours, réseau d’acceptation, modalités de gestion) — parfois via un changement de fournisseur ou une refonte des modalités.

Exemple titres-restaurant : comparer des fournisseurs sur réseau/usage/coût complet + objectif “moins de refus, moins de tickets support”.

Scénario C — Construire une trajectoire (12 à 24 mois) : définir une montée en charge progressive, avec des dates d’effet déjà actées, des jalons de suivi, et une clause de revoyure si les conditions changent (budget, effectifs, contraintes).

Exemple titres-restaurant : augmentation en deux paliers (date 1 / date 2) + bilan d’adoption et d’irritants à 6 mois.

Chaque scénario gagne à préciser :

  • le coût employeur (et le coût de gestion : temps RH, support, outils, logistique) ;
  • les populations concernées (sites, statuts, temps partiel, télétravail, itinérants…) ;
  • la date d’effet (et, si besoin, une montée en charge) ;
  • les règles d’application (éligibilité, absences, proratisation, cas particuliers).

Exemple (titres-restaurant) : “À compter du 1er avril, attribution pour chaque jour effectivement travaillé, y compris en télétravail ; proratisation pour les temps partiels ; exclusion des jours d’absence non travaillés ; participation employeur fixée à X € par titre. Un point de suivi est réalisé à 6 mois sur l’usage et les irritants (refus, volume de demandes au support).”

 

Rédiger des clauses claires dans l’accord

Un accord NAO (ou un accord d’entreprise) est utile quand il enlève l’ambiguïté. Pour les avantages salariés, l’enjeu est de formuler des règles simples, stables et applicables, notamment sur :

  • les critères d’éligibilité ;
  • les cas particuliers (temps partiel, absences, mobilité, multi-sites) ;
  • la gouvernance (suivi, bilan annuel, ajustements, clause de revoyure) ;
  • la communication (qui informe, quand, avec quels supports).

Exemple (titres-restaurant) : “Les titres-restaurant sont attribués à l’ensemble des salariés (CDI, CDD, alternants), pour chaque jour effectivement travaillé, y compris en télétravail. Ils ne sont pas attribués les jours non travaillés (congés, arrêt maladie, etc.). Pour les salariés à temps partiel, l’attribution est calculée au prorata des jours travaillés. Un bilan est réalisé à 6 mois puis annuellement (adoption, irritants, volume de sollicitations) et pourra conduire à des ajustements après échange avec les parties signataires. Les règles et cas types sont communiqués via une page intranet dédiée et une FAQ.”

 

Les pièges à éviter et les bonnes pratiques

Éviter la “surcouche” : un avantage de plus, une complexité de plus

Ajouter un nouvel avantage salarié sans simplifier l’existant peut créer l’effet inverse : plus de règles, plus de questions, plus de gestion — sans gain réel pour le quotidien. En NAO, améliorer un dispositif déjà en place (règles clarifiées, usage simplifié, irritants supprimés) vaut souvent autant qu’un nouvel avantage.

Exemple : l’entreprise constate que les titres-restaurant génèrent beaucoup de demandes internes (paiements refusés, incompréhensions sur l’éligibilité, difficultés d’utilisation, support peu réactif). Plutôt que de corriger ces irritants (règles plus claires, fournisseur mieux adapté, meilleure information), elle ajoute un nouvel avantage “complémentaire” pour compenser la frustration. Résultat : on cumule deux dispositifs à expliquer et à gérer… alors que le problème principal — l’avantage existant qui fonctionne mal — reste intact. Dans ce cas, la simplification (et éventuellement le changement de fournisseur) a souvent plus d’impact qu’une nouvelle ligne d’avantages.

 

Ne pas isoler les avantages salariés du reste

Les titres-restaurant comptent, mais ils ne doivent pas aspirer tout l’espace. Les NAO sont un moment pour traiter aussi :

  • l’équité femmes-hommes et la QVCT ;
  • l’organisation du travail et les parcours ;
  • et, plus largement, le partage de la valeur selon le contexte.

 

Les titres-restaurant, un sujet récurrent en NAO

Les titres-restaurant ont souvent leur place dans les NAO, parce qu’ils concernent plus de 5 millions de salarié(e)s en France et qu’ils touchent à un usage quotidien.

Pourquoi les titres-restaurant représentent un levier important des NAO ?

Trois raisons principales :

  1. Impact concret : c’est un budget repas récurrent, visible et attendu dans de nombreuses entreprises.
  2. Équité : un avantage salarié commun à tous les collaborateurs.
  3. Expérience d’usage : un dispositif qui est très apprécié mais qui peut s’avérer compliqué en fonction du support et/ou du fournisseur et créer ainsi des irritants (acceptation limitée, délais de mise en place, gestion complexe, manque de clarté…) .

Titres-restaurant : une « augmentation de salaire » moins coûteuse pour l’entreprise

Si les titres-restaurant reviennent si souvent en NAO, ce n’est pas seulement parce qu’ils touchent au quotidien. C’est aussi parce qu’ils ont une logique sociale et fiscale spécifique, qui peut changer la lecture du coût global pour l’entreprise par rapport à une augmentation de salaire.

Concrètement, la participation de l’employeur aux titres-restaurant peut être exonérée de cotisations de Sécurité sociale dans certaines conditions et dans une limite. Depuis le 1er janvier 2026, cette limite d’exonération est fixée à 7,32 € par titre.

Pour bénéficier de cette exonération, la contribution de l’employeur doit en particulier être comprise entre 50 % et 60 % de la valeur du titre.

C’est là que la comparaison “coût entreprise” devient intéressante en NAO, prenons un exemple très concret avec une augmentation de +100 € brut de salaire :

Côté employeur : entre charges patronales et coûts indirects, cette augmentation peut représenter environ +140 €.
Côté salarié : après cotisations salariales et impôts, il reste souvent 60 à 70 € nets réellement disponibles.

Maintenant, regardons les titres-restaurant.

Imaginons 20 titres-restaurant de 10 € par mois avec une participation de 50% de l’employeur.

Part employeur : 5€ par titre – Soit 100 € par mois, exonérés de charges sociales car inférieurs au plafond légal de 7,32 €.
Part salarié : 5€ par titre – soit 100€ prélevés sur le salaire que le salarié retrouvera sur son support de titres-restaurant.

Résultat :

Un coût maîtrisé pour l’employeur
Un vrai gain de pouvoir d’achat pour le salarié, fléché sur un besoin essentiel.

Autrement dit : en NAO, les titres-restaurant peuvent être un levier de rémunération globale relativement efficient… à condition de rester dans un cadre clair (montant, règles d’attribution, simplicité d’usage, choix du fournisseur) et de ne pas en faire un substitut systématique au salaire. L’équilibre se joue souvent dans la combinaison : une trajectoire salariale cohérente et des avantages salariés bien conçus et réellement utilisables.

 

Titres-restaurant : l’importance de bien choisir la valeur faciale et la part employeur

Dans le cadre des NAO, le choix du bon montant de la part employeur et de la valeur faciale du titre-restaurant représente un enjeu stratégique souvent sous-estimé. Un arbitrage mal calibré peut entraîner un reste à charge significatif pour les salariés, matérialisé par un prélèvement sur salaire parfois mal perçu, surtout dans un contexte de tension sur le pouvoir d’achat. À l’inverse, une politique titres-restaurant bien pensée permet de maximiser l’avantage social tout en respectant le cadre réglementaire fixé par l’URSSAF. C’est dans cette logique que de nouvelles solutions innovantes émergent, à l’image d’Olenbee, qui propose avec Olenfood Advance une approche novatrice permettant de supprimer le prélèvement sur salaire lié aux titres-restaurant. Cette solution offre ainsi aux entreprises un levier concret pour renforcer l’attractivité de leurs avantages sociaux, tout en garantissant une conformité totale aux exigences sociales et fiscales.

Changer de support et même de fournisseur : un levier concret pour proposer des titres-restaurant adaptés aux usages d’aujourd’hui

Avec les titres-restaurant, une part importante de la satisfaction — et des irritants — dépend du fournisseur et de la façon dont le dispositif fonctionne au quotidien. C’est pourquoi la négociation peut aussi être l’occasion de poser une question simple : le système en place est-il encore adapté aux usages actuels, côté entreprise comme côté salariés ?

Côté entreprise, un changement de fournisseur peut répondre à des objectifs très opérationnels :

  • Simplicité de mise en place et de pilotage
  • Qualité du support
  • Transparence des coûts et lecture du “coût complet” (frais, options, coûts indirects de gestion)
  • Satisfaction des collaborateurs ;

Côté salariés, c’est souvent là que se joue la réalité de l’avantage : un titre-restaurant a de la valeur quand il est simple à utiliser. Dans la discussion NAO, cela peut se traduire par des critères concrets :

  • Réseau et acceptation : limiter au maximum les situations où le paiement est refusé sans explication ;
  • Facilité d’usage : parcours clair, peu d’étapes, compréhension immédiate de ce qui est éligible ou non ;
  • Gestion des imprévus : que faire en cas de paiement refusé, de dépense non reconnue, de blocage… ?
  • Communication et accompagnement : des règles compréhensibles et des réponses simples, pour éviter que l’avantage devienne une source de frustration.

Au fond, le sujet est autant un sujet de coût que de QVT : quand le dispositif est complexe ou peu utilisable, il finit par coûter en temps, en énergie, et en confiance — des deux côtés. Une NAO peut donc acter non seulement un principe (évaluer un changement de fournisseur), mais aussi une méthode : critères de choix, calendrier, information des salariés, et point de suivi après déploiement.

 

Conclusion

Dans les NAO, les avantages salariés ne sont ni un sujet “secondaire”, ni un sujet à traiter seul. Ils sont une composante de la rémunération globale et de la qualité de vie au travail : ils touchent à la justice des règles, à la lisibilité, et à l’usage réel. Les titres-restaurant, en particulier, méritent un cadrage précis : pas seulement “combien”, mais aussi “pour qui” et “avec quelle expérience”.
Si vous construisez la discussion autour d’un diagnostic partagé, de scénarios chiffrés et de clauses simples, vous maximisez les chances d’aboutir à un accord applicable — donc utile.

 

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Andreia De Sousa Fernandes
Article rédigé par Andreia De Sousa Fernandes
Convaincue que performance et bien-être des salariés vont de pair, je partage ici réflexions et bonnes pratiques pour rendre les avantages salariés plus simples, plus justes et plus utiles.
Vos questions fréquentes

Non, la fourniture de titres-restaurant n'est pas une obligation légale, même si aujourd’hui cette formule est très appréciée des salariés. A noter, si l'employeur choisit de les proposer, ils doivent être distribués de manière équitable à tous les salariés.

Non, chaque titre-restaurant distribué doit correspondre à une journée travaillée.

Oui, les titres-restaurant peuvent être combinés avec d’autres dispositifs, comme des primes ou des avantages en nature.

Les titres-restaurant ne peuvent être utilisés que pour des repas ou l'achat de produits alimentaires servant à la préparation d'un repas, dans la limite de 25 € par jour.