Chèque cadeau du CSE et critère d’ancienneté : est-ce encore autorisé en 2026 ?

Andreia De Sousa Fernandes
Andreia De Sousa Fernandes
Cheffe de projet marketing digital
7 min
21 août 2026
L’essentiel à retenir
  • Le CSE ne peut plus conditionner l’attribution d’un chèque cadeau à une ancienneté minimale.
  • Cette interdiction découle d’un arrêt de la Cour de cassation du 3 avril 2024 (n° 22-16.812).
  • Les chèques cadeaux font partie des activités sociales et culturelles (ASC) et doivent être attribués sans discrimination.
  • L’Urssaf laisse aux CSE jusqu’au 31 décembre 2026 pour supprimer le critère d’ancienneté de leurs règles d’attribution.
  • En cas de contrôle, l’Urssaf pourra demander au CSE de se mettre en conformité pour l’avenir.

Pendant longtemps, de nombreux comités sociaux et économiques (CSE) conditionnaient l’attribution de certains avantages, comme les chèques cadeaux ou les bons d’achat, à une ancienneté minimale de trois ou six mois. Cette pratique était d’ailleurs admise par l’Urssaf.

Mais les règles ont évolué. Depuis un arrêt de la Cour de cassation du 3 avril 2024, un salarié ne peut plus être exclu des activités sociales et culturelles (ASC) en raison de son ancienneté. Dans la continuité de cette décision, l’Urssaf a accordé aux CSE un délai supplémentaire pour adapter leurs pratiques, jusqu’au 31 décembre 2026.

Alors, quelles sont précisément les nouvelles règles applicables aux CSE ? Quels changements faut-il mettre en œuvre pour être conforme ? Notre guide va vous aider.

 

Qu’est-ce que le critère d’ancienneté pour un chèque cadeau CSE ?

Jusqu’en 2024, le critère d’ancienneté était de réserver l’accès à une prestation du CSE aux salariés ayant travaillé dans l’entreprise pendant une durée minimale.

Par exemple, un règlement du CSE pouvait prévoir que :

seuls les salariés ayant 3 mois d’ancienneté reçoivent un chèque cadeau de Noël ;
les nouveaux embauchés doivent attendre 6 mois avant de bénéficier des activités sociales et culturelles ;
un salarié recruté quelques semaines avant Noël ne perçoit pas le bon d’achat distribué aux autres collaborateurs.

Pendant plusieurs années, cette pratique était tolérée par l’Urssaf, à condition que l’ancienneté n’excède pas six mois.

Cette tolérance n’est désormais plus applicable.

Exemple

Une entreprise recrute un salarié le 15 octobre. Le CSE distribue des chèques cadeaux de Noël début décembre. Avant 2024, le règlement pouvait prévoir que ce salarié n'y avait pas droit faute de six mois d'ancienneté. Aujourd'hui, cette exclusion n'est plus conforme.

 

Peut-on encore attribuer un chèque cadeau selon l’ancienneté ?

Comme dit précédemment, depuis l’arrêt rendu par la Cour de cassation le 3 avril 2024, un CSE ne peut plus réserver les prestations des activités sociales et culturelles aux seuls salariés justifiant d’une ancienneté minimale.

Cette décision met fin à une pratique pourtant largement répandue.

La Cour considère que les ASC ont vocation à bénéficier à l’ensemble des salariés et des stagiaires. En conséquence, le règlement du CSE ne peut instaurer un délai de carence empêchant certains salariés d’y accéder.

À retenir

Même une ancienneté limitée à trois ou six mois n'est plus admise comme condition d'accès aux chèques cadeaux du CSE.

 

Pourquoi cette règle a-t-elle changé ?

La décision est simple : l’égalité d’accès aux activités sociales et culturelles.

Le Code du travail prévoit que le CSE assure ou participe à la gestion des ASC au bénéfice des salariés et des stagiaires. En instaurant une condition d’ancienneté, certains salariés étaient exclus des avantages proposés uniquement parce qu’ils venaient d’être embauchés.

La Cour de cassation a estimé que cette pratique était contraire à l’esprit des textes. Autrement dit, le CSE conserve une grande liberté pour organiser ses prestations, mais il ne peut plus empêcher une catégorie de salariés d’en bénéficier uniquement en raison de son ancienneté.

 

Jusqu’à quand les CSE ont-ils pour se mettre en conformité ?

Afin de laisser le temps aux élus d’adapter leurs règlements et leurs pratiques, l’Urssaf a prolongé le délai de mise en conformité.

Situation Règle applicable
Avant l'arrêt de la Cour de cassation Ancienneté jusqu'à 6 mois tolérée par l'Urssaf
Après l'arrêt du 3 avril 2024 Le critère d'ancienneté n'est plus admis
Date limite initiale de mise en conformité 31 décembre 2025
Nouvelle échéance 31 décembre 2026

Cette prolongation signifie que les CSE disposent d’un délai supplémentaire pour modifier leurs règlements internes.

En revanche, il est recommandé de ne pas attendre la dernière échéance afin de sécuriser rapidement les pratiques.

 

Quels avantages sont concernés ?

Le changement ne concerne pas uniquement les chèques cadeaux de Noël.

Toutes les prestations relevant des activités sociales et culturelles sont concernées.

Prestation du CSE Ancienneté autorisée ?
Chèque cadeau de Noël Non
Bon d'achat rentrée scolaire Non
Carte cadeau naissance Non
Billetterie Non
Participation à un voyage Non
Chèques vacances Non
Cadeaux de fin d'année Non

 

Le CSE peut-il encore prévoir des critères d’attribution ?

La décision de la Cour de cassation n’interdit pas au CSE de fixer des règles. Elle interdit uniquement les critères qui excluent certains salariés en raison de leur ancienneté.

Le CSE peut toujours adapter ses prestations selon des critères objectifs et transparents.

Autorisé Interdit
Modulation selon le quotient familial Condition d'ancienneté
Plafond par salarié Exclure les nouveaux embauchés
Budget spécifique selon les prestations Délai de carence de 3 ou 6 mois
Critères identiques pour tous Toute discrimination liée à l'ancienneté

L’objectif est de garantir un traitement équitable de l’ensemble des bénéficiaires.

 

Comment mettre son CSE en conformité ?

Si votre règlement prévoit encore une condition d’ancienneté, il est conseillé d’agir sans attendre.

1. Vérifier les règles actuelles

Relisez le règlement des activités sociales et culturelles afin d’identifier toute référence à une ancienneté minimale.

2. Supprimer le critère d’ancienneté

Les clauses imposant trois, six ou douze mois d’ancienneté doivent être supprimées.

3. Mettre à jour les documents internes

Le règlement ASC, les notes d’information et les formulaires de demande doivent être modifiés.

4. Formaliser la décision

Le CSE a intérêt à adopter une délibération en réunion et à conserver le procès-verbal.

5. Informer les salariés

Une communication claire permet d’éviter les incompréhensions et d’assurer une application uniforme des nouvelles règles.

 

Quels sont les risques en cas de contrôle Urssaf ?

Le principal risque est un constat de non-conformité. Si l’Urssaf relève qu’un CSE applique encore un critère d’ancienneté, elle pourra demander une mise en conformité pour les distributions futures.

Au-delà du contrôle, maintenir une règle devenue illicite peut également entraîner des contestations de la part des salariés exclus des prestations.

Mettre à jour les règles d’attribution permet donc de sécuriser juridiquement le fonctionnement du CSE tout en garantissant une égalité de traitement.

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Andreia De Sousa Fernandes
Article rédigé par Andreia De Sousa Fernandes
Convaincue que performance et bien-être des salariés vont de pair, je partage ici réflexions et bonnes pratiques pour rendre les avantages salariés plus simples, plus justes et plus utiles.
Vos questions fréquentes

Oui. Les salariés en CDD peuvent bénéficier des activités sociales et culturelles dans les mêmes conditions que les autres salariés, dès lors que les critères d'attribution sont objectifs et non discriminatoires.

Oui. La Cour de cassation rappelle que les ASC bénéficient également aux stagiaires lorsque les conditions prévues par les textes sont réunies.

Le CSE peut définir des modalités d'attribution objectives, mais celles-ci ne doivent pas avoir pour effet d'exclure une catégorie de salariés de manière discriminatoire. Il est recommandé de vérifier la conformité des critères retenus au regard de la réglementation et de la jurisprudence.

Il est conseillé de modifier le règlement dès que possible, de supprimer cette condition et de formaliser cette décision lors d'une réunion du CSE afin d'être en conformité avant le 31 décembre 2026.